le 14 septembre 2004

 

Aux fidèles de l’archidiocèse de Halifax, des diocèses d’Antigonish et de Yarmouth, à mes frères et soeurs chrétiens, et à tous ceux et celles qui cherchent à bâtir une communauté plus compatissante:

 

Samedi, le 16 octobre, les Néo-Écossais seront appelés à voter lors d’un plébiscite, pour dire s’ils sont en faveur du magasinage le dimanche.  La question n’est pas simple, puisqu’elle aura des conséquences significatives à l’égard de chaque personne et de toutes les familles,  pour les années à venir.

 

Ceux qui sont favorables au magasinage du dimanche suggèrent que nous, de la Nouvelle-Écosse, devenions comme la plupart des Nord-Américains - des consommateurs sept jours par semaine.  Nous voyons bien que le moment est venu pour les Néo-Écossais d’avoir l’audace de s’affirmer différents.

 

Être différents, dans cette situation, qu’est-ce que cela signifie?  Le style de vie propre aux gens de la Nouvelle-Écosse, témoigne que le temps consacré à la vie familiale est partie intégrante de notre culture.  Le besoin humain de se reposer de la routine de la semaine - le temps d’entretenir  des relations avec la famille immédiate et élargie - est essentiel à la santé d’une communauté et d’une société.

 

Le soi-disant «droit» de magasiner le dimanche a besoin d’être mis en regard des droits des travailleurs  dans  les  commerces au détail - employés en nombre croissant dans notre société orientée vers le service - de leur droit à un jour de repos,  leur droit à une journée communautaire, où des amis peuvent se réunir, leur droit à une journée pour se récréer avec la famille, pour se rassembler autour d’activités communes et pour célébrer Dieu ensemble.  Par le passé, les Néo-Écossais ont toujours soutenu les droits de la classe ouvrière; nous ne devrions pas moins les considérer aujourd’hui.  Avec le magasinage du dimanche,  aucun employé n’aura vraiment le choix de ne pas travailler le dimanche.

 

Le magasinage du dimanche ajoute à peine quelques nouveaux dollars dans l’économie.  Par ailleurs, il ajoute une journée de plus, durant laquelle les commerçants au détail cherchent à engranger une part plus large des dollars néo-écossais.  Et alors les petits commerçants se voient forcés d’entrer dans la compétition du marché établi par l’ouverture des magasins le dimanche, pendant qu’augmentent les coûts et les contraintes devant le risque de perdre leur part du marché.  Le magasinage n’offre pas non plus de choix véritable aux détaillants.

 

Pour toutes les personnes de tradition chrétienne, le dimanche nous permet de nous rassembler en communauté pour célébrer notre foi.  Pour le chrétien, le dimanche - toute la journée - est consacré à la prière en commun et à l’action de grâce à Dieu, l’auteur de tout don. Le dimanche est ce jour de la semaine réservé pour prier Dieu, pour nous occuper des membres de nos familles, non pas dans leurs besoins de consommateurs, mais dans leur dignité humaine.  Le dimanche, c’est le jour où nous entretenons nos liens de famille et d’amitié, où nous consacrons du temps au soin de nos parents malades et âgés, où nous organisons des loisirs avec nos enfants et nos camarades, où nous prenons le temps de solidifier nos relations avec d’autres personnes humaines et avec notre Dieu.

 

En ce jour du 16 octobre, nous vous invitons à oser être différents, différents dans l’attention aux familles, aux travailleurs, et aux besoins humains de base.  Nous vous demandons de vous exprimer en faveur d’une communauté saine sur le plan matériel, social, économique et spirituel. Nous vous invitons à vous joindre à nous et aux Néo-Écossais et vous rendre voter  NON  au plébiscite.

 

Que le Seigneur continue de vous accorder la paix et la prospérité afin qu’au nom de Jésus Christ, vous puissiez servir les personnes dans le besoin.

 

Salutations fraternelles,

 

Mgr Terrence Prendergast, s.j.

archevêque de Halifax

administrateur apostolique, diocèse de Yarmouth

 

Mgr Raymond J. Lahey

évêque d’Antigonish

 

Mgr Claude Champagne, o.m.i.

évêque auxiliaire à Halifax